Depuis quelques années, les rapports de toute nature
déplorant les carences
et les dysfonctionnements des prisons françaises
se sont accumulés. Les instances internationales,
européennes et nationales de protection des droits
de l’homme n’ont eu de cesse d’inviter
la France à se conformer aux préconisations
qu’elles édictent. Pourtant, force est de constater
que la situation dénoncée à l’unanimité
par les commissions d’enquête parlementaires
en 2000 s’est profondément dégradée,
comme l’atteste le récent rapport du Commissaire
européen des droits de l’homme, Alvaro Gil-Roblès.
Alors même que le ministère de la Justice
adopte une attitude de déni systématique quant
aux conséquences désastreuses de sa politique
pénale et pénitentiaire, il semble essentiel
que les acteurs du monde judiciaire et carcéral prennent
la parole pour pointer l’intolérable des prisons
françaises.
C’est dans cette perspective que la section française
de l’Observatoire international des prisons (OIP)
a publié dans Libération le 10 janvier
2006 un appel à des États généraux
de la condition pénitentiaire.
A quinze mois d'échéances électorales
majeures, les États généraux visent
à mettre un terme à la confiscation permanente
des questions pénale et carcérale par des
politiques qui jouent avec la peur de nos concitoyens et
imposent une surenchère dangereuse. En effet, il
est aujourd’hui manifeste que les conditions d’exécution
des peines d’emprisonnement ne permettent pas à
la personne incarcérée un retour préparé
et apaisé à la vie ordinaire et, par là
même, s’avèrent incapables de prévenir
efficacement la récidive.
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l'appel aux Etats généraux, format .pdf
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